La logistique à terre et en mer – La ligue de pelote basque de SPM et tous les autres …

Sans une équipe d’assistance et de sécurité, fiable, bien préparée et organisée, vaillante et altruiste, une telle expédition n’aurait jamais été possible.

Sans compter tous ceux qui se sont donnés pendant près de 3 ans pour transformer un rêve en cette réalité, ce ne sont pas moins d’une vingtaine de personnes qui ont suivi au quotidien l’expédition sur place , autant que de rameurs! Ils nous ont aussi fait bénéficier de leurs bateaux ( 3 zodiacs, 1 coque rigide et bien entendu le Simonaud), mais aussi de leurs voitures, pick-ups, remorques …

Il est important de ne pas les oublier.

Sur la photo on reconnaît Moumoune, Philippe, Daniel, Jean Lou, Tam, Bruno, Pépette, Simon, Roger

Mais il ne faut pas oublier Gérard et Carole,Franck, James, Kareen, Thierry, Marco, Régine, Virginie et Leslie, Dimitri, Jef et tous les autres … qui me pardonneront de ne pas les avoir cités, sans parler bien entendu de David qui a su orchestrer depuis des mois et des mois toutes ces opérations logistiques mais aussi bien entendu administratives et financières. Sans la ligue de pelote basque, ce projet, dans la forme qu’il a revêtu n’aurait jamais pu être envisagé et bien entendu réalisé.

 

« Bikain » Philippe notre intransigeant responsable de sécurité et futur « patron »de la trainière à SPM

 

 

 

 

James et son merveilleux canot, toujours à l’arrivée de l’étape pour nous accueillir!

 

 

 

 

Simon et son Simonaud tellement indispensable.

 

 

 

Roger « la science » et ses fantastiques connaissances de la faune et de la flore. Malheureusement sérieusement blessé à l’occasion d’une chute dans la cale du Simonaud. Bon rétablissement Roger

Jean Lou et son bateau super équipé, la balise Argos … souvent avec Pepette, ici avec Philippe

 Pepette, pilote, chauffeur, déménageur … Il a été partout sur cette expédition!

 

 

 

 

 

 

Bruno, son zodiac, ses caméras, et son pilote Daniel

  Franck et son beau zodiac jaune.

Mark et Jim et leurs merveilleuses ballades!

 

 

 

 

 

 

Virginie et Leslie, leur bonne humeur, le blog …

 

 

 

L’inracontable Ernest et Monique, toujours là quand il faut.

 

 

 

 

Jef en invité surprise, tout droit arrivé d’Argentine et qui a bien mis la main à la pâte

 

 

Caroline en « guest star » qui était toujours disponible quand son film lui en laissait le temps

 

 

… et tous les autres…

Enfin, je pense que tous peuvent remercier et féliciter Michel qui non seulement est à l’origine de cette belle histoire avec son ami Léo, mais surtout qui a su préparer et conduire ce projet jusqu’à son terme en ne comptant ni ses forces ni son temps

Michel, la cheville pensante et ouvrière du projet.

 

 

 

Indianoak se termine sur la fête basque de Saint Pierre à laquelle tout le groupe basque est associé en incluant bien entendu les pilotaris qui se sont joints à nous. Petite anecdote en passant, le village d’Itxassou était particulièrement bien représenté sur les îles de l’archipel avec pas moins de 17 de ses villageois!

Bravo à tous! Espérons maintenant que ces nouvelles bases de coopération et d’échanges lancées à travers l’océan entre le Pays Basque et sa lointaine diaspora se poursuivent et se développent avec l’ardeur que savent mettre les basques dans la conduite de leurs projets. La toute récente appartenance de la Maison Basque de Saint Pierre et Miquelon au réseau des 192 Euskal Etxe du monde devrait grandement y contribuer. A vous maintenant, amis Saint Pierrais et Miquelonais de vous donner les moyens et de fédérer les énergies déjà présentes au sein de vos différentes associations sportives et culturelles et bien entendu d’en créer de nouvelles.

Les rameurs

Pour ceux qui ne le sauraient pas encore, une trainière comporte un équipage de 13 rameurs et un barreur.

Comme pour les autres expéditions, Momo a donc organisé 3 équipes de 7 qui tournent en permanence, chaque rameur faisant donc les 2/3 de chaque étape.

D’expérience, gabarits et origines divers, il n’était pas évident de composer ces équipes afin qu’elles soient les plus homogènes possibles. Il convenait aussi d’intégrer le plus souvent possible à ces équipes les rameurs locaux sur Doris des Zigotos qui bénéficieront bientôt de cette belle embarcation et qu’il convient de commencer à former dès à présent.

Paola assurera en fait la barre sur les 3 équipes, étant momentanément remplacée par Philippe (Bikain) en formation, et Zubi.

Voici donc la présentation de tous ces équipiers:

EQUIPE 1

Damien – Segis – Jose – Paola – René – Iñaki – Jean

EQUIPE 2

Matt – Fermin – Mano – Martxel – Audrey – Zubi – David – Noël

EQUIPE 3

 Xarpas – Peio – Momo – Txirla – Fredo – Batu – Rafa (absent de la photo)

et par origine :

Ibaialde : Paola,  Momo, Martxel, Peio, Mano, Paola, Damien, René, Frédo, Rafa

 

Paola, la « patronne » incontestée

 

 

 

 

 

 

Momo                                                    Martxel (zubi et Jose)

  

Mano                                             Audrey

  

Damien                                             René (et Iñaki)

  

Fredo (derrière Jose)                          Rafa ( et Martxel)

Zarautz (Guipuzkoa) : Iñaki, Fermin, Xarpas, Segis

   

Iñaki                                                 Fermin

   

Xarpas (derrière Txirlas)                        Segis (derrière Batu)

Getxo (Bizkaia) : Txirla, Zubi, Jose, Batu

   

 

  

Jose (et Fredo)                                 Batu (derrière Jean)

SPM : Philippe (barre), Jean, David, Clémence, Paul

  

Philippe, le nouveau patron           Jean (devant Batu)

Montréal : Noël

Terre Neuve : Matt

 

 

Jour 17 Langlade Saint Pierre : la fin du raid !

Tout le monde est un peu nerveux autour de la table du petit déjeuner ce matin, même si il n’est encore que 4h 1/2 du matin. Il s’agit tout d’abord de rejoindre Langlade où nous attend la trainière: les rameurs en bus, les autres sur le Simonaud ou les bateaux de sécu.

Sur l’eau, les bancs de brouillard très épais rendent la navigation côtière difficile et un peu angoissante; puis vient un superbe lever de soleil fantomatique…

Sur le bateau de Philippe, Paola est venue repérer les lieux pour savoir si elle va tenter ou non le passage sous l’arche du Cap Percé…

Nous retrouvons la trainière prête à partir pour sa dernière étape. les deux premières équipes s’élancent et font du rase cailloux le long des côtes de Miquelon.

Depuis les bateaux de sécurité nous notons une différence assez flagrante par rapport aux autres jours; le rythme est plus lent, nous ne sommes pas pressés, Paola est presque discrète dans son commandement, laissant chacun de ses rameurs profiter à fond des derniers instants de pur bonheur a bord de cette embarcation où il a tant partagé avec ses amis.

Le ferry s’arrête sur sa route vers Langlade pour nous saluer et permettre aux passagers d’encourager l’équipage pour ses derniers coups d’aviron

 

Nous faisons un petit tour sous l’arche du Cap Percé pour la photo; le courant est trop fort, ce n’est pas le moment de risquer un accident.

Nous entamons ensuite la courte traversée vers St Pierre entre bancs de brouillard et grand soleil, tout en faisant quelques détours pour essayer d’approcher les rorquals qui viennent nous saluer.

Au loin, une baleine à bosse souffle puissamment mais ne nous attendra pas, dommage …

Voici déjà l’îlot du Grand Colombier dont nous faisons le tour pour admirer ses falaises et les différentes espèces d’oiseaux qui le colonisent dans un grand  fracas de cris et piaillements. Sur le sommet, une silhouette nous accueille dans les eaux saintpierraise en agitant un bel Ikuriña.

Paola demande alors à son équipe de lancer un dernier assaut afin de porter encore plus loin leur record. Dans un magnifique effort, contre le vent et dans le clapot, les 9 noeuds sont largement dépassés! Chapeau!

La trainière s’immobilise ensuite à l’abri du Grand Colombier devant la petite statue de la vierge tout au nord de l’île et un par un les avirons se dressent vers le ciel en un magnifique Agurra.

Mano se lève, tire un bout de carton de sa combinaison et lit avec une voix marquée par l’émotion un texte rendant hommage à son père marin, qui avait toujours  rêvé de venir pêcher dans ces eaux de l’archipel, puis immerge son vieux béret amené pour cette occasion.

C’est ensuite le tour de Fermin, en hommage à ses quatre oncles et un cousin décédés le même jour sur le même bateau dans une « galerna » (orage) au Pays Basque.

   

Suivent, Iñaki en hommage à son parrain qui lui écrivait des cartes postales et lui ramenait toujours des souvenirs de Saint Pierre alors qu’il était enfant, et enfin Txarpas pour son père qui jusqu’à ses 101 ans ne pouvait passer un seul jour sans aller voir « La Mar ». Sans se concerter, les quatre rameurs avaient amené les bérets de leurs parents, pour les jeter dans ces eaux lointaines et leur rendre ainsi un dernier hommage. Grande émotion pour tous…

Il est temps de donner les derniers coups de rame. Les toits de St pierre se profilent à l’horizon et une bonne quinzaine de bateaux escortent la trainière dans un grand fracas d’écume et de klaxons. Trois magnifiques doris traditionnels des Zigotos sont là mais également les pêcheurs locaux sur leurs plates et même le bateau de la SNSM (sauvetage en mer) que commande aussi Philippe et qui nous honore de ses lances à eau.

Paola fait arrêter la trainière et dans un très beau geste invite Philippe à prendre la barre de l’embarcation. Il est vrai que c’est lui désormais qui aura l’honneur de patronner cette belle embarcation!

Beau passage de témoin entre Paola et Philippe

 

 

 

Elle regagne le zodiac où ont déjà pris place les 6 rameurs qui n’ont pas le privilège d’être sur le dernier bord mais qui accompagnent leurs collègues avec force, les deux embarcations navigant bord à bord.

Michel, nostalgique, certainement ému et fier de l’énorme travail accompli, accompagne ces derniers coups d’aviron à sa manière, à l’avant du doris de Tam avec son triki. Que joue t’il? Nul ne le saura …

Philippe, fièrement, tient son rôle et aborde les quais sous les airs enthousiastes de nos musiciens et les vivats de la foule venue en masse sur les pontons.

Le petit doris à rame tient aussi à accueillir sa grande soeur et future compagne de jeu.

Après un ultime Agurra, la trainière et son équipage reçoivent un brillant hommage de la foule ainsi qu’un émouvant Aurresku dansé sur la grève par Joana, Laura et Philippe.

 

 

 

 

 

L’émotion finit par céder le pas à l’explosion et tous les rameurs se retrouvent bientôt à l’eau.

Après les longues séries de photos, la trainière, portée à bras, traverse toute la ville derrière les drapeaux et la musique.

 Les 8 d’Hegoalde Nos vaillants musiciens

 

Une dernière photo souvenir avec Madame la Ministre Annick Girardin, mais aussi Monsieur le Préfet, Mosieur Briand, vice président du Conseil Teritorial, Monsieur le Maire de Placentia accompagné de notre chère Rhonda venus tout spécialement pour nous accueillir.

Place maintenant à la fête basque de Saint Pierre!

L’expédition a été magnifique et nous avons été excessivement gâtés par la météo, de mémoire d’homme jamais aussi clémente sur une période aussi longue à cette époque de .l’année.

L’organisation gérée de main de maître par David et ses équipes, autant à terre que sur l’eau n’a jamais été prise en défaut et ce n’était pas facile; un immense merci à eux tous.

Nous avons reçu un sincère et merveilleux accueil tout au long des étapes, qu’elles soient canadiennes ou françaises.

A vous, amis Saint Pierrais de poursuivre l’aventure et de continuer à faire naviguer cette très belle trainière, qui, de l’avis de tous les rameurs est un excellent bateau. Elle vous appartient désormais, faites la vivre!

Reste peut être à lui trouver un nom, à moins que ce ne soit TERNUA ou tout simplement : INDIANOAK

 

 

 

Jour 16 : Day off toujours à Langlade: rando, foot pétanque …

Aujourd’hui, rien de particulier au programme, jour libre. Chacun vaque à ses petites occupations tranquillement.

Certains se contentent d’un petit tour dans le village il est vrai bien pittoresque et poussent jusqu’au bout de la grève voir l’espace muséographique assez remarquable et touchant sur l’histoire de la pêche à la morue et des doris.

D’autres traînent tranquillement en attendant la partie de foot voyant s’affronter basques contre locaux. Il paraît que ces derniers auraient infligé un 7-0 aux visiteurs … Une triplette basque affrontait également les locaux, mais les résultats n’ont pas été communiqués …

D’autres enfin, choisissent d’aller marcher sur le sentier de randonnée qui fait le tour du cap au nord du village.

Les paysages sont absolument grandioses, en surplomb au dessus de la mer, dans une alternance de grands espaces découverts et de petits bois d’épinette et d’aulne crispée ressemblant beaucoup à nos hêtres mais d’une taille maximum de 2 mètres.

La randonnée n’est pas si facile car intégralement en terrain accidenté et tourbeux colonisé par les rhododendrons en fleurs et surtout les sphaignes qui donnent l’illusion d’un terrain sec mais dans lequel on s’enfonce allègrement jusqu’aux mollets. Parfois, le chemin disparaît carrément sous une eau noire due à la décomposition des plantes, pas toujours très engageante.

De superbes étangs colonisent les creux, et la mer omniprésente force le regard à la recherche des baleines à bosse ou bleues que nous n’avons toujours pas vues. Un souffle très net puis un autre, à 3 ou 4 miles au large, puis bientôt une dizaine au large. On ne voit que peu de chose, un nuage rond de vapeur et parfois une gerbe d’écume quand la queue frappe l’eau, mais le spectacle est prenant et il est difficile de s’en détacher.

Plus loin, c’est un lièvre qui détale dans nos pieds et dans les espaces plus ouverts de petits groupes de cerfs de Virginie broutent tranquillement.

 

 

 

 

 

 

Il est temps de rentrer en descendant par les grands espaces ventés surplombant le village, les pinces de homards mayonnaise ne m’attendront pas longtemps. Vraiment nous sommes gâtés!

Demain, pour la dernière fois, mais il me semble que je l’avais déjà dit…, nous nous levons à 4H pour l’étape finale vers Saint Pierre!

Jour 15 : de Miquelon à Langlade et fête basque

Il fait encore nuit et l’équipe s’active déjà autour de la trainière.

Très vite un magnifique soleil levant accompagne nos rameurs vers le large …

Pour les marins, notez le feu vert à babord en rentrant au port (attention si vous naviguez dans la zone …!)

Malgré un léger vent de face, la trainière glisse superbement bien et frôle les 7 noeuds.

Certains, au fond du zodiac, semblent récupérer d’une courte nuit! Mais à qui appartiennent donc ces Nike rouges?

 

 

Aupa Mano !

 

 

 

Après seulement 4 heures, la plage de Langlade nous accueille et, avec cette mer bien douce, le débarquement ne pose guère de problème.

A Miquelon, c’est le grand jour de la fête basque! Le programme est chargé entre ici et Saint Pierre les jours suivants.

Cet après midi pelote basque à pala en féminine et à main nue pour les séniors hommes, les 4 paires étant du club d’Itxassou!

   

les deux jeunes Laura et en rouge,se défendirent vaillamment face à leurs ainées les 2 soeurs Laura et Maylis en vert.

Puis vint le tour des costauds, les deux frères  Pierre et Benoît pour une fois opposés, étant associés respectivement à Peio (en blanc) et Alain (en vert)

La partie fut belle et disputée sur cette magnifique cancha remise à neuf pour l’occasion; les verts finiront par s’imposer 23 à 25.

   

Pendant les parties nos équipes s’activaient en cuisine pour préparer plus de 400 repas et mettre la gastronomie basque à l’honneur grâce aux produits généreusement donnés par nos partenaires producteurs:

Suivit une belle soirée avec force basque (où s’illustrèrent paola à l’enclume, René et Fermin au passe partout)

Vinrent ensuite les remerciements respectifs

puis la danse des enfants animée par pascale et Laura

La soirée se poursuivit tard <dans la nuit, animée par notre groupe de musiciens.

 

 

Jour 14 : 2° jour de repos à Miquelon

Programme chargé aujourd’hui à Miquelon avec le début de la fête basque.

Nous partons à 25 kms vers le sud, juste au dessus de l’isthme qui sépare Miquelon de Langlade, rencontrer sur leur exploitation Thierry et Joelle Gauthier.

 

Nous sommes suivis par pas moins de deux équipes de télévision!

 

 

 

Michel et Laurence Lastiri, accompagnés d’Emmanuelle Ducassou veulent préparer le débat télévisé du lendemain sur l’échange entre agriculture de proximité responsable en Pays Basque et sur l’archipel.     Ils nous font découvrir leur cheptel de 150 brebis auquel se rajoutent élevages de poulets et de canards pour la production de leurs conserves issues de recettes locales traditionnelles. Nous dégustons pâtés, mousse de foie de canard aux Saint Jacques et autres merveilles accompagnés d’un blanc d’Irouleguy; très belle association.

Avis aux amateurs, l’âge venant, ils recherchent un jeune couple, pourquoi pas basque pour prolonger la tradition, pour reprendre cette belle exploitation et ses ateliers de transformation.

Nous revenons à Miquelon en nous promenant aux travers de l’immensité de ces magnifiques et sauvages paysages, faits de grandes landes, grèves, lagunes, collines arrondies …

Aujourd’hui il fait grande beau, mais nous arrivons quand même à imaginer un petit peu ce que doit être la rigueur de l’hiver dans ces grands espaces.

A Miquelon, la messe chantée avec notre chorale et nos musiciens basques et bretons attire un grand nombre de fidèles et Monsieur le Curé est « aux anges » …

Un peu plus loin, Michel notre conteur, assisté de Babeth son épouse au violon, séduit une assistance attentive par la magie de ses histoires gasconnes racontée avec toute la truculence et la finesse dont il est le maître incontesté.

Le repas préparé par les excellents cuisiniers de l’équipe locale nous a régalé de Saint Jacques et de charlotte de platebière et fraises!

Nos rameurs décidaient ensuite dans leur réunion quotidienne d’avancer le départ vers Langlade d’un jour en raison de la météo.

Donc, mais cela devient une habitude, réveil à 4h et départ à 6… et tout le monde ne tarde pa à rejoindre son petit lit dans nos dortoirs salle de spectacle ou gymnase respectifs …

 

Jour 13 : premier jour de repos à Miquelon

   

Miquelon se réveille sous un pale soleil qui perce difficilement au travers de la brume matinale. On comprend dans ce pays où le brouillard est fréquent, que les maisons, l’église et même la mairie pavoisés en notre honneur aux couleurs basques, soient peintes de couleurs vives.

10 heures, voici le bus qui amène nos musiciens, chanteurs, conteur, pilotaris, hommes forts de la force basque … Retrouvailles, embrassades …

 

Notre groupe basque compte maintenant plus de 50 membres (dont 17 d’Itxassou!, la plus jeune n’ayant pas encore 1 an!)

Aujourd’hui, c’est le festival des produits de la mer: 550 personnes, 80 plats de frits de mer différents et plus de 120 desserts. Certains se sont lâchés sur le homard, n’est-ce pas Ernest?

       

L’après midi, certains répètent, d’autres font la sieste …

Vient l’heure de l’arrivée officielle de la trainière avec,bien entendu, agurra des marins, chorale basque locale, moult drapeaux basques et locaux, musique, fandangos par notre jeune génération de pilotaris…

Puis, c’est la traversée de tout le village, la trainière à bras, escortée en musique par une grande foule et enfin le chaleureux discours de « Jeannot », notre ami Monsieur le Maire.

La soirée animée par notre groupe Balea Irintzi renforcé de nos deux musiciens bretons et de nombreux chanteurs (dont nos amies d’Ibaialde) se prolongea, disons, assez tard dans la nuit…

  

Jour 12 : Harbour Breton – Miquelon

La sécurité l’emporte sur l’aventure, la décision est prise de faire deux étapes en une, c’est à dire de rallier directement Miquelon afin de ne pas être pris dans la dépression qui s’annonce.

Ce sera donc la plus longue étape avec près de 70 kilomètres et un vent de 3/4 face.

Comme chaque matin, les mains sont strappées pour que les ampoules soient un peu moins douloureuses. Le chargement du bateau fera office d’échauffement!

Les conditions sont excellentes et la flottille encore augmentée d’un zodiac… rejoint assez vite à plus de 6,5 noeuds la belle île de Brunet Island où nous devions bivouaquer. Le petit groupe s’éparpille à la recherche de plate-bières, framboises, bleuets à picorer mais aussi sur la piste malheureusement vaine des caribous qui parait’il peuplent l’île.

Après 2 heures passées sur l’île, nous repartons vers Miquelon.

Les pauses s’enchaînent toutes les 20 minutes, Paola en profite pour reposer un peu ses jambes et faire quelques étirements dans le fond de la trainière.

Les changements d’équipes, opération toujours sensible, sont maintenant parfaitement rodés et coordonnés entre le Simoneau, le zodiac et la trainière.

L’équipe du film documentaire de Caroline fait des prouesses dans des conditions pas toujours faciles

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Les côtes de Miquelon se distinguent de mieux en mieux et Paola décide de demander un dernier effort à son équipe épuisée mais galvanisée, pour porter le record encore plus haut.

Les visages se crispent, les muscles se tendent, les poumons exhalent fortement.

Paola se déchaîne, la trainière file malgré le clapot bien formé et le vent contre; par la VHF le verdict du speedo tombe : 8,5 noeuds, record battu!

 

 

Cris de joie et applaudissements sur la trainière et tous les bateaux accompagnateurs qui sont une bonne quinzaine maintenant à suivre la trainière.

La grève est là, une centaine de personnes applaudissent vivement les rameurs qui les honorent avec leurs rames dressées vers le ciel; un émouvant agurra qui restera dans beaucoup de mémoires…

Les caméras des télévisions tournent, les interviews s’enchaînent, les rameurs s’étreignent dans de grandes accolades, Momo passe à l’eau, bien malgré lui, avec ses lunettes de vue que Paola retrouvera après de longues recherches avec masque et tuba.

 

 

 

La soirée se terminera tard pour certains… Nous restons jusqu’à mercredi à Miquelon et pourrons profiter du repos mais aussi des journées de festivité données à l’occasion de la fête basque.

 

Jour 11 : Repos à Harbour Breton

Harbour Breton

La soirée s’étant prolongée pour certains hier soir, le petit dej s’échelonne tranquillement jusqu’à 10 heures pendant que d’autres étendent leur lessive grace une construction hasardeuse et originale.

D’autres communiquent sur internet ou tout simplement se laisse aller à un petit somme supplémentaire

Le school bus est déjà devant l’Arena. Paola une fois encore est en interview avec quelque radio basque puis avec le journal Sud Ouest. Il semble que notre épopée soit bien suivie au pays et cela fait toujours plaisir de partager cette magnifique expérience.

Le bus nous emmène en suivant à l’extérieur de la ville et Monsieur le maire en personne se fait un plaisir de se transformer pour nous en guide touristique.

 

Par où va t’on passer demain?

Il nous ramène ensuite au Sunny Cottage, demeure historique bâtie en 1909 par un riche négociant, dont la ville est très fière. En haut sur le toît, le « Widow balcony » ou bacon des veuves: lorsqu’un bateau était signalé, les femmes des marins montaient à ce balcon pour voir la couleur du fanion arboré au grand mat : bleu, aucun marin décédé, rouge, un ou plusieurs marins décédés et donc de nouvelles veuves.

Après un agréable brunch traditionnel, nous visitons la maison, riche d’enseignements sur l’histoire du  dernier siècle dans ces territoires si lointains de nous.

L’après midi, certains montent au sommet de la colline qui domine la ville pour admirer le fjord d’en haut, pendant que les autres préparent le poulet basquaise pour le coté basque du repas du Lions club partagé avec les plats locaux traditionnels : morue sous différentes formes, élan, soupes aux pois et aux fruits de mer, steak canadien (morceaux de tous types de bas morceaux de viandes pressés dans un moule …!). Ce qui nous étonne le plus, surtout Michel, c’est qu’ils entassent tout dans l’assiette, poissons, viande, sauces sucrées et salées etc …et mangent ce drôle d’ ensemble à plusieurs étages accompagné d’un café au lait ou d’un thé.

Pendant ce temps, les rameurs et l’équipe de sécurité sont en grande discussion autour des ordinateurs pour définir la stratégie de demain.

 

La météo n’est pas en effet favorable, annonçant des vents forts et de face pour dimanche. Le bivouac sur l’île de Brunette qui devait être l’un des clous de notre périple semble bien compromis. L’idée qui semble s’imposer à l’heure « où nous mettons sous presse », serait de faire escale à Brunette Island pour le pique nique, puis rejoindre directement Miquelon en une seule étape en partant très tôt demain car l’étape ferait alors 66 kilomètres et avec vent de face! ce sera la plus longue de toutes, dans tous les sens du terme certainement!

La suite au prochain numéro … Bonne nuit, il faudra être en forme demain!

jour 10 : de Fortune à Harbour Breton

Deuxième étape la plus longue aujourd’hui avec un petit peu moins de 50 kilomètres!!!

Les rameurs sont tendus mais toute l’équipe à terre aussi et il ne faut pas les oublier car ils font un très gros travail pour permettre aux rameurs de réaliser leur exploit…

Aujourd’hui ils ont à trier ce qui part par le ferry à St Pierre et ce qui suit l’expé, tout à remballer et mettre sur la remorque avec l’aide de l’équipe de rameurs qui ne prend pas la première bordée : restes du petit déjeuner et du repas d’hier soir, matériel de cuisine, bouteilles de gaz, bonbonnes d’eau… tentes,barnum, sacs des équipages, expo… puis tout re-décharger au port et re-charger à bord du Simonaud, le bateau de Simon. Et bien entendi, il s’agit aussi de ne rien oublier sur les 4 bateaux de sécurité qui accompagnent la trainière aujourd’hui, celui de Philippe s’étant rajouté au Simonaud et aux deux zodiacs

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Les conditions sont parfaites, temps couvert, mer plate et surtout, léger vent de sud-est plein arrière pour la trainière.

Le premier équipage, se régale! Il est en forme après la journée de repos et sent la trainière glisser parfaitement. Paola ne veut pas casser l’allure soutenue à plus de 7 noeuds et prolonge même la première bordée de quelques kilomètres (sans les informer bien entendu!).

Changement d’équipage : au les excellentes conditions, Philippe qui doit se former pour barrer la trainière par la suite à St Pierre, reprend les commandes et s’en sort vraiment bien, malgré un déséquilibre manifeste de poids en faveur de babord où, sans jouer les méchantes langues, Martxel et Batu « font le poids », surtout face à Audrey et autres poids plumes à tribord!

Toute une bande de dauphins vient jouer avec nous l’espace d’un instant mais surtout un fort souffle et un très long dos de baleine attirent notre attention au loin. Peut être une baleine bleue nous diront nos spécialistes naturalistes à bord du Simonaud, excessivement rares maintenant (1 à 2 observations par an seulement dans la zone). Malheureusement, elle sonde et nous ne la reverrons plus …

Nous sommes très largement en avance sur l’horaire et décidons de faire halte sur la petite île de Sagona Island, à 7 miles au sud de Harbour Breton

Le bras de mer est étroit et peu profond et nous découvrons l’enchantement de ce lieux rempli de nostalgie

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. Habitée jusque dans les années 50 par 25 familles qui se livraient à la pêche et à l’exploitation des ardoisières, il ne reste plus que 2 ou 3 maisons sur pieds et la trace des autres sous forme de tas de bois et planches; le long des berges, des tas d’ardoises attendront encore longtemps qu’un bateau vienne les chercher, le dernier étant plutôt mal en point et le quai de chargement réduit à l’état de squelette.

 

C’est encore le cimetière qui est le plus habité avec ses épitaphes dont la plus récente est de 1955 et où le mot « drowned » (noyé) revient bien souvent …

 

 

 

 

 

Les plus vaillants sont récompensés de leur montée au sommet par la dégustation des premières plate-bières, ou ronce des tourbières, qui commencent à mûrir. Une merveille absolue avec des notes citriques de mandarine, fruits exotiques …On en fait parait’il d’exquises confitures…

 

Reste un dernier effort pour rallier notre destination du jour et Paola décide de faire exploser le record de vitesse de l’expédition pour l’instant de 7,2 noeuds. Elle lance ses troupes et atteint, non sans effort quand même, les 8,4 noeuds!!!

La barre sera haute pour le dernier rush avant l’arrivée à St Pierre… Pendant ce temps, il y en a d’autres qui récupèrent!

Nous rentrons très vite dans le fjord d’Harbour Breton accompagnés d’une bonne douzaine de bateaux de toutes tailles venues à notre rencontre et félicitant l’exploit des rameurs avec force klaxons et cornes de brume. A terre, une vingtaine de personnes s’époumonent sur les pontons et une équipe de 8 lamaneurs saisit rapidement les aussières, aident à décharger hommes, sacs, vivres…

Le matériel part en pick-ups et nous en School bus jusqu’à l’Arena de Hockey de la ville. Chouette: des douches chaudes et même du wi-fi!

Nous sommes ensuite invités à une collation bien réconfortante, puis dans la soirée à une rencontre avec les élus autour d’une bonne bière.

Un grand merci à Jim et à la ville de Harbour Breton pour leur accueil si chaleureux! Et ce n’est pas fini, ils nous ont concocté un superbe programme pour demain, nouveau jour de repos.