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FIN DE L’EXPEDITION 2013 Le clip vidéo Charlevoix1

Chanson composée et interprétée par Sylvie Langevin pour la venue d’Indianoak 2013 au Québec. Milesker handi bat

Vidéo clip de Claude Boulet.

Vidéo

 

 

Un mois plus tard.

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Photo de Jean Léonard

Abandonnée depuis un mois, sous une vulgaire bâche bleue la traînière Indianoak a retrouvé aujourd’hui, en ce samedi 3 août, tout son panache.

Portée par 52 bras obéissant aux commandes de Lorea (la petite dernière de l’expédition Indianoak), la traînière a retrouvé les vagues et le courant du Saint-Laurent. Les nouveaux rameurs ont embarqué et saisi  timidement les rames avant de filer pour plusieurs allers-retours. Sur le quai les responsables du Yacht Club de Lachine la suivaient des yeux, attentifs aux manoeuvres. Pas de doute : ils l’ont adoptée. Ils en prennent soin sous le soleil de l’été et ont déjà pensé à la protéger cet hiver.

1ère sortie. 1er succès. Un grand espoir !!!

L’activité traînière proposée par l’association Euskaldunak Québec c’est parti ! Le rendez-vous est donné pour samedi prochain. A très vite…

 

 

Notre rencontre avec l’expédition Indianoak au Québec !

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Ernest, Basque d’Hendaye, et moi, Monique, Bordelaise mais Basque de cœur, avons vécu une aventure formidable en tant que retraités et grands-parents ayant émigré au Québec il y a de nombreuses années. Nous vous témoignons ici de ce que nous avons ressenti en vivant au rythme de l’expédition Indianoak au Québec.

En les accueillant à l’aéroport de Montréal, bien malin aurait été celui qui aurait pu différencier de ces 35 personnes, les rameurs et les  chanteurs. Nous savions que 50 ans séparaient la plus jeune rameuse, 23 ans, du plus vieux rameur, 73 ans. Mais, qui allait braver les eaux fougueuses de ce fleuve et qui allait emballer le Québec avec accordéon, guitares, percussion et chants, sans oublier la txalaparta ?

C’est ce que nous allions découvrir en les rejoignant, (liberté du retraité) à Trois-Pistoles, La Malbaie, Baie St Paul, Beaupré, Québec, Sorel, Verchères et bien sûr Montréal.

Le départ se faisait donc à Trois-Pistoles, le village face à l’Île aux Basques. La traînière fut mise à l’eau pour rejoindre cette île célèbre qui garde soigneusement les vestiges de fours Basques ; première sortie obligatoire, comme un hommage aux marins du XVIème siècle. Une cérémonie Indienne pleine de dignité et d’émotion, avait attiré la protection des éléments sur l’expédition, tout était prêt pour le grand départ.

17 juin. 5h du matin. Ciel gris, houle menaçante. La traînière, s’éloigne lentement,  avec ses 13 rameurs et  Paola à la barre.  Un frisson… Ont-ils mesuré les difficultés à venir ? Paola est une des plus jeunes mais son expérience est indéniable et force le respect.

Nous ne pouvons pas témoigner de ce qui s’est passé sur le fleuve durant les 500km et les 12 étapes qui ont suivi. Ils nous le raconteront un jour, mais nous, nous revivons encore aujourd’hui, ce que nous avons partagé à chaque escale Quelle fourmilière ! Chanteurs et cuisiniers les suivant sur la berge faisaient les courses, préparaient le repas… ils s’étaient occupés des bagages… et ils attendaient, avec une certaine angoisse par mauvais temps, de savoir comment « les copains » avaient bravé les courants, le vent, la pluie ?

1h de retard ? C’est normal. 2h… 2h et demie… Alors on scrute l’horizon et enfin, minuscule, la traînière pointe son nez, Ikurina flottant au vent. Allez ! Tous sur le quai avec les gens du coin aussi impatients que nous. On crie « India », ils répondent « noak ». Les bras font démarrer la « ola », les applaudissements éclatent lorsque Paola fait lever les rames pour nous saluer ! C’est tellement émouvant ! Et puis ils sont là, de nouveau tout près de nous. Ils racontent… on écoute… Quelle expérience de vie pour Claire, 16 ans qui nous a accompagnés partout, puis pour Gabrielle, 13 ans qui nous rejoints pour les 3 dernières étapes. Nous sommes fiers de partager ces moments avec nos petites-filles. Nous le savons, elles n’oublieront pas.

Mais il est arrivé aussi qu’ils n’accostent pas là où on les attendait. Nous les avons vus revenir la boue jusqu’aux genoux, souffrant d’ampoules et gerçures aux pieds, aux mains mais surtout aux fesses, ne sentant plus leurs épaules ni leur dos. Le percussionniste-chanteur est kiné; il devient le masseur officiel de l’équipe et plusieurs autres l’imiteront. Incroyable spectacle que ces séances de massage sur l’herbe, sur des bancs…! Très efficaces aussi puisqu’ils seront tous réunis pour animer la soirée. Michel et Patrick ont préparé des Pintxos, du gâteau basque, ils goûteront les tourtières et le pudding chômeur.

Soufflés nos québécois! Après avoir été émus par « Hegoak », emballés par « Guk euskaraz », entraînés par « Bagare », voilà  qu’ils pouvaient chanter avec eux « La complainte du phoque en Alaska » du groupe québécois Beau Dommage ou les refrains si populaires de Félix Leclerc ou Gilles Vigneault.

Vous ne pouvez imaginer l’ambiance de ces soirées! Les rameurs s’esquivaient assez vite (« debout 4h demain matin » annonçaient Momo et Martxel) mais la fête continuait encore quelques heures pour les autres.

Il y aurait tant de choses à raconter; nous sommes devenus des amis. Quelle récompense d’être ces spectateurs intimes qu’ils accueillaient avec tant de gentillesse.

Le 1er juillet la traînière avait atteint son but au Port de Montréal (surprenant les touristes étrangers avec ce drapeau qu’ils ne connaissaient pas). Les rameurs déposaient les rames. Ce serait maintenant notre tour de les accueillir dans nos foyers et vivre avec eux ces premiers instants de repos.

Mais tout n’est pas fini. Ibaialde a fait don de cette traînière à Euskaldunak Québec. Elle voguera à nouveau sur le St Laurent, nos jeunes s’organisent.

Merci à toute cette belle équipe. Nous ne citerons pas tous les noms de peur d’en oublier mais chacun de leurs visages reste dans notre mémoire.

Monique, Ernest

 

Article en euskara paru dans Berria le 20/07/201304

Photo de Jean Leonard

http://paperekoa.berria.info/plaza/2013-07-20/036/001/baleazaleen_arrastoan.htm

 

Article sur Indianoak paru dans le CLD de Pierre-De Saurel05http://www.soreltracyregion.net/econo/page/econo/article/a/14423?high=indianoak

http://www.soreltracyregion.net/econo/page/econo/article/a/14440?high=indianoak

 

1er juillet : Montréal nous voilà !

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Verchères, 4 heures du matin, les sacs de couchage commencent à s’agiter… En quelques minutes nos sacs sont prêts, le petit déjeuner avalé, la routine Indianoak ! il s’agit de notre dernier réveil si matinal, l’aventure se termine aujourd’hui. 6 heures, nous sommes prêts à embarquer : le plan d’eau est impeccable, pas une once de vent, le Saint-Laurent veut nous saluer avec bienveillance on dirait. Les bordées 2 et 3 embarquent en premier. Le maire de Verchères nous accompagne en canot sur quelques hectomètres. Merci pour votre accueil si chaleureux ! La bonne humeur règne sur la traînière. Nous avançons plus vite que prévu. Au deuxième changement de bordée il est 9h15 et plus que 9 kilomètres pour arriver à Montréal. Nous apercevons déjà les buildings ! L’excitation monte d’un cran. Nous décidons de prendre le temps pour ces derniers kilomètres. Soudain, le zodiac de la sécurité s’approche, une musique retentit : heeyyyyyy hey baby OUH AH ! L’équipage danse, la traînière tangue, c’est le feu sur le Saint-Laurent ! Après cette petite pause nous repartons. Nous approchons du dernier pont avant l’arrivée. Lema nous prévient, il va falloir “envoyer dans l’eau” et “être vigilant”. Nous allons passer le courant Sainte Marie, un courant de 7 noeuds. Le fleuve nous lance encore un sacré défi, comme pour nous dire au revoir à sa manière… Lema nous encourage en comptant les coups de rame, nous ne formons qu’une seule et même force sur la traînière. Sur ces ultimes coups de rame nous donnons tout et nous parvenons à passer le courant aisément… sous les yeux médusés de quelques plaisanciers. Il n’est que 11 heures. L’arrivée étant prévue à midi, nous patientons dans un bassin à proximité du Vieux-Port. Mintxo joue de l’alboka, nous dansons, nous écoutons de la musique écossaise, Safet, au péril de sa vie, sauve de la noyade une baguette à pompon. Il est presque midi. Il faut se concentrer. Nous sommes impatients d’arriver maintenant. Nous approchons, les autres rameurs et les chanteurs nous attendent sur le quai. Nous levons nos pelles pour un dernier agurra sous les applaudissements de la foule. Agur Jaunak retentit pour nous, très vite mêlé au son de la txalaparta. Nous posons le pied à terre. Nous y sommes parvenus ! Nous nous serrons dans les bras, certains sont euphoriques, d’autres laissent couler quelques larmes. Chacun ressent et exprime ce moment à sa manière et c’est ce qui est beau. Il ne reste plus qu’à remonter jusqu’au club nautique de Lachine où sera entreposée la traînière.  L’équipage est composée de rameurs, de chanteurs, de québécois débutants, un mélange assez hétéroclite en somme. Après une pause pique-nique, la traînière arrive à 16 heures au club d’aviron. Ce moment est déchirant. Nous abandonnons notre bateau là. Ce bateau qui nous a porté dans les vagues, ,ce bateau qui a tenu bon pendant 3 semaines, ce bateau que nous connaissons si bien maintenant. Les larmes coulent, impossible de les arrêter. Lema, au nom de nous tous, grave MILESKER sur la traînière. Indianoak 2013, c’est fini.

 

Dimanche 30 juin : J-1 !!!!!

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Comme d’habitude réveil à 4 heures pour partir à 6 heures. Tout le monde est fatigué, nous décidons donc d’effectuer 2 changements de bordée pour les deux étapes restantes, histoire d’arriver entiers à Montréal… Il n’y a plus de marée depuis Nicolet et cela se ressent. Nous ramons constamment contre le courant. Heureusement que le vent a décidé de ne pas se lever aujourd’hui. Il fait beau et chaud, nous croisons des plaisanciers qui semblent un peu ébahis de nous croiser sur le Saint-Laurent. Notre traînière ressemble un peu à une arraignée géante parfois… Nous passons à hauteur de la colonie des Grèves vers 8 heures du matin, les chanteurs (à peine réveillés) nous encouragent depuis le bord. Ils sont aussi là lors du deuxième changement de bordée. A ce moment-là certains membres de la bordée 2 montent sur le zodiac de la sécurité pour la fin de l’étape. Plongeons dans le fleuve, sauts périlleux, chorégraphies et chants endiablés… ils n’ont reculé devant rien et ont tout donné pour encourager les bordées 1 et 3 pour la fin de l’étape.  Nous arrivons à Verchères vers midi où nous sommes accueillis en musique par un maire-père-violoniste qui n’a pas la langue dans sa poche. Nous partageons ainsi repas, musique, blagues et points de vue sous un magnifique soleil. Nous allons prendre notre douche chez les pompiers. L’occasion pour certains de réaliser rêve d’enfant en faisant un tour de camion citerne. Le soir nous dormons dans la salle communale. C’est notre dernier soir d’étape, nous voulons en profiter un maximum. Il fait tellement bon en plus ! Alors on joue au frisbee, on mange de la crème glacée, on boit une bière… et très rapidement un boeuf accordéon québécois-txalaparta-guitare-cajon se met en place. Qu’il est difficile d’aller se coucher ce soir ! Mais demain Montréal, notre graal, nous attend, il faut être en forme. Faites de beaux rêves Indianoak !

 

Samedi 29 juin : Elle est longue, longue la route…08

Un petit déjeuner copieux au monastère et c’est parti ! Départ à 5 heures. Aujourd’hui Noël et Olivier, deux jeunes basques émigrés au Québec rament avec nous. Le changement de bordée s’effectue à Louiseville. Le village est très paisible et arboré. La traînière n’est pas encore en vue, nous patientons sur une balancelle en jouant avec une famille de chats peu farouches. L’étape se passe sans grande difficulté même si la fatigue des corps et des esprits se fait ressentir. Déjà 11 jours que nous ramons ! L’arrivée à Sorel-Tracy est très réconfortante. Les chanteurs nous attendent au port ainsi que les membres d’Euskaldunak Québec. Comme un rituel, nous sommes accueillis par le « yotonoooooooo ». Ce chant indien, appris à Trois-Pistoles, est notre cri de guerre, notre cri de ralliement, notre cri de joie, bref notre hymne, depuis le début de l’aventure. En sortant de la traînière nous nous rassemblons sous un kiosque pour échanger des cadeaux avec la municipalité qui nous accueille. Nous chantons en basque, l’émotion est palpable. L’après-midi nous sommes conviés à une dégustation de bières et de fromages à la micro-brasserie Loup rouge. Nous établissons ensuite notre camp à la colonie des Grèves. Surprise ! Ce soir nous dormons dans des lits ! Au dîner, nous découvrons la gibelotte, une soupe de poisson typiquement québécoise, un régal ! Après la séance de massage rituelle, nous rejoignons nos lits sans nous attarder. Les moustiques ne parviennent même pas à nous réveiller… Bihar arte Indianoak !

 

Vendredi 28 juin : Contre vents et marées

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Un jour sur deux c’est la tempête donc aujourd’hui nous y avons droit. Départ à 5 heures du matin. Au lever du jour, nous entreprenons la traversée du fleuve colérique. Nous volons sur deux vagues à la fois, prenons de l’eau sur le bateau, traversons un pont propice aux courants inverses… Mais l’équipage est soudé, et reste très concentré jusqu’à la fin de l’étape. Impressionnés, certes, mais attentifs aux ordres de la barreuse nous ne faisons qu’un sur la traînière. Pendant que certains écopent, d’autres aident Lema à orienter l’embarcation et d’autres stabilisent celui-ci en gardant les rames à plat. Avec différentes instructions à la fois, nous sommes arrivés à bon port, fatigués par la concentration et l’attention extrême que nous avions soutenu toute la matinée.

Nous sommes accueillis au séminaire de Nicolet : chacun dans sa « cellule » avec un crucifix et une lampe de chevet… Reposant quoiqu’un peu austère.

Nous partageons le repas avec la municipalité et des Amérindiens. La soirée se clôture par un échange de chants basques et indiens. Extinction des lumières à 22 heures… chut… tout le monde dort déjà.

 

Jeudi 27 juin : Rien à signaler

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Réveil à 5h30, avec un petit déjeuner complet préparé par les 2 Louise : croissant, melon, fraise, fèves au lard, fromage… un régal !

Le plan d’eau est très calme, nous terminons la demi-étape entre les roseaux et les nénuphars : nos rames en claquant les herbes hautes créent une mélodie…. Moment merveilleux. Nous découvrons différents paysages du Québec. La deuxième partie de l’étape a été plus difficile, difficulté liée à l’arrivée à Trois Rivières. La ville porte ce nom car à cet endroit trois rivières se jettent dans le Saint Laurent. Les courants s’entrechoquent et empêchent d’avancer.

Après un pique-nique entre marmottes et vue sur le Saint Laurent, nous nous installons àla Marina. L’après-midi est consacré au repos : sieste, massage, promenade au centre-ville…

La température est fraîche, nous ne tardons pas le soir, les paupières commencent à être vraiment lourdes.

 

Mercredi 26 juin : Surf in Saint-Laurent

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” Vous allez ramasser “, ce sont les premiers mots de Paola, notre barreuse, ce matin au réveil. A peine sortis de la salle commune de Neuville le vent fouette notre visage. Le fleuve est bien agité ce matin. Encore une journée ardue qui s’annonce, l’alerte rouge n’a pas été levée. Nous embarquons à 8h15. Les vagues claquent sur la traînière, le vent et le courant nous poussent… Même si les conditions sont difficiles nous tenons bon, nous restons concentrés. La traînière file sur les flots déchaînés. Les vagues et les creux ne nous font plus peur. La traînière glisse sur les vagues, nous surfons sur le Saint-Laurent ! Nous parcourrons ainsi près de 20 kilomètres en une heure, du jamais vu ! Les sensations sont excellentes. Nous arrivons à Saint-Pierre-Les-Becquets avec une heure d’avance. L’accueil est formidable : vin d’honneur, soirée basco-québécoise à Bleuets et Cie, chants, dégustations… Merci à tous pour votre bonne humeur et votre sourire. Vous restez dans nos coeurs !

 

Mardi 25 juin: Que calor !

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Nous nous réveillons avec le son de la pluie qui claque sur nos tentes, le tonnerre puis des éclairs qui rayonnent le ciel. L’alerte rouge est annoncée: nous décidons tout de même de nous aventurer. Le départ se fait à 6h15 avec précipitation. L’étape a été facile: pas de pluie, plan d’eau impeccable, peu de vent… et nous sommes passés en dessous du grand pont de Québec: magnifique et inoubliable !

Tout se passe à merveille mais la chaleur s’installe… A Neuville, nous nous installons à la salle communale: il y a une fête scolaire, nous errons à l’extérieur sous une chaleur étouffante: il fait 37°C!!

L’orage éclate le soir, ce fut une après-midi de repos sans endroit où se poser et sans abri… heureusement la nuit sera longue, grasse matinée: réveil à 6h le lendemain. GAU ON INDIANOAK!!

 

Lundi 24 juin: Bonne Saint-Jean !

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Se réveiller au bord du Saint-Laurent, le bruit des voiliers dans la marina, le soleil au beau fixe… Une belle journée de repos en perspective ! Quartier libre pour tout le monde aujourd’hui. Certains vont la passer au bord de la piscine, d’autres vont visiter la ville, d’autres encore vont se ballader aux cascades de Québec. Aujourd’hui, 24 juin, c’est la fête nationale du Québec. La ville est quand même un peu endormie, la fête de la veille a laissé quelques séquelles on dirait…

Le soir nous nous retrouvons tous pour le dîner avec les membres de l’Euskal Etxea. Un menu typiquement basque nous attend : piperade, axoa et ardi gasna. Miam !

Demain nous reprenons le large. Départ prévu à 4 heures du matin. Une même impression pour tous les membres de l’expédition : le temps file, la moitié de l’expédition est déjà passée. Une bonne raison pour profiter au maximum de chaque moment.

 

Dimanche 23 juin : Québec on arrive!!!

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Après une bonne nuit dans un lit et des draps propres, vers 2 heures du matin l’équipage se prépare avec un nouveau rameur de l’expédition de 2003 “Xuri” à ramer jusqu’à Québec. Tout le monde a voulu reprendre les rames même si la journée de la veille avait été éprouvante, nous partons à 4h15 nous glissons et ramons dans la bonne humeur.

Le “zodiac” était déchaîné: chant, danse, blagues… les nouveaux arrivant (nos amis d’Ibaialde) nous encouragent à fond.

L’arrivée se fait plus tôt que prévu: nous entrons dans le chenal vers 8h du matin entouré des vieilles maisons de Québec, du château de Frantenac en fond.

Nous nous installons au Yacht club: nous montons les tentes pour deux nuits et nous sommes libres jusqu’au lendemain soir !!!

Nous partons visiter le vieux quartier puis assistons à la grande fête nationale de Québec. Les plaines d’Abraham grouillent de monde: 100000 personnes environ et le concert des ” Cowboys fringuants” déchaînés sur la grande scène. La plupart des “indianoak”  tombent comme des mouches soit en dansant comme des zombies soit en s’affalant sur la pelouse. La journée avait été très très longue…

 

Samedi 22 juin : Maudit fleuve !

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Coucher à 23h, et lever à 1h30. À 2h, je suis chargé d’emmener les 2 autres équipes au port. Retour au chalet à 3h. Pour la mienne, départ à 4h pour rejoindre notre étape. On y arrive rapidement, mais le bateau n’est pas en vue. On reste donc à les attendre en se faisant bouffer par des moustiques. On assiste, tout de même, à un magnifique lever du soleil sur le Saint Laurent. Finalement, à 5h, la traînière arrive et on embarque. Les premiers hectomètres se passent sans souci, jusqu’à une zone où le courant et le vent contraires ont commencé à ralentir la progression. Moins de 6 km en 2 heures ! Scotchés dans un courant, nous décidons de faire une escale sur une petite plage, en attendant la renverse de marée. Ce que nous croyions être une plage de sable était, en fait, une plage de vase… On perd nos chaussures en s’enfonçant à mi- mollet ! Cet endroit extrêmement isolé a tout de même été baptisé “l’anse Indianoak”. On repère une jolie petite cascade pour se nettoyer les pieds. Comme l’endroit n’est pas si accueillant que prévu, on remonte le long de la berge, sur une voie ferrée. Au final, cette escale n’étant pas du tout reposante, on décide de se remettre à l’eau et de forcer… Mais rien n’y fait ! Après plus de 20 min à lutter, résignés à jeter l’éponge, on appelle le bateau d’assistance pour qu’il nous remorque. L’affaire n’est pas simple, car ni le bateau, ni la traînière, ne sont vraiment équipés pour cela. On avance tout doucement enfin ! On passe au niveau du point de rdv de l’étape des 2/3, mais on n’y voit pas la relève. De toute façon, vu les conditions,  on décide de continuer, à la remorque, vers la destination finale. On fait quelques kilomètres ainsi, jusqu’à ce que le zodiac s’échoue sur un banc de sable. Rien de grave, puisque la marée monte, mais on décide de larguer et poursuivre de notre côté. Malheureusement, on est du mauvais côté du banc et on est obligés de descendre du bateau pour traverser, à pieds, ce banc. Semblant être un territoire vierge et autonome, on a décidé de l’annexer et de le baptiser aussi “banc Indianoak” ! Pendant ce temps, l’assistance s’est dégagée, et nous attend. La nouvelle remorque est difficile à mettre en place, s’emmêlant même dans l’hélice du zodiac. Second échouage. Cette fois-ci, nous le sortons de son mauvais pas. Enfin… c’est Lema, la Sirène, qui s’est jetée à l’eau et a nagé dans le Saint Laurent pour libérer l’hélice ! Après cela, nous pénétrons enfin dans le bien nommé “Cap de la Tourmente”, avec vent fort et houle ultra courte, faisant fréquemment enfourner la traînière ! Pour plus de sécurité, l’équipage est cantonné à l’arrière du bateau, seul Urtxintxa veillant à l’avant pour surveiller la remorque. Cela lui permet de se rafraîchir, en prenant régulièrement de gros paquets d’eau dans la figure ! Presque au péril de sa vie, Zaraï écope la traînière, vidant quasiment l’équivalent d’une baignoire ! L’arrivée a Saint Anne de Beaupré est impressionnante, car des dizaines de kitesurfs évoluent dans le secteur. On parvient à accoster, vers 15 h, et sommes accueillis à l’Auberge de la Basilique, par M. Le Maire et un représentant de l’église. Pour une partie du bateau, ce furent 12 heures passées dessus, et pour d’autres, 10… Dîner traditionnel québécois, avec soupe de pois, tourtière et pudding “chômeur”. Un régal ! Couché à 20h30, exténué…

 

Vendredi 21 juin Les jours se suivent et ne se ressemblent pas…16

La journée d’hier a laissé des traces. Nous craignons que le Saint-Laurent nous réserve encore des surprises aujourd’hui. Après une nuit passée au musée de La Malbaie nous embarquons à 9 heures. Le fleuve est calme, pas de vent pour l’instant. Nous adoptons notre rythme de croisière, le soleil nous accompagne. Nous atteignons sans difficulté Cap au Saumon pour le changement de bordée. Nous longeons l’Isle des Coudres. Le fleuve ressemble à un lac, quel changement ! Nous arrivons à Baie Saint Paul à midi. Le reste de l’équipage et les chanteurs nous attendent sur la jetée. Ils accompagnent nos derniers coups de rame de puissants YOTONOOOOO. Le soir nous sommes reçus au Mouton Noir. Les chants basques retentissent entre deux verres de bière. Nous rejoignons notre chalet vers 23 heures pour nous réveiller deux heures plus tard… Une nouvelle journée de rame commence. Et que vogue la galère !

 

Jeudi 20 juin : Ô Saint Laurent… Ô mon amour !17

Grasse matinée !! On se réveille à 7 heures du matin, youpi!! Le soleil cogne déjà fort mais sur le Saint Laurent quand il y a du soleil, il y a du vent. La sortie a été très agitée, on aurait dit qu’on faisait du rodéo. Même si le paysage était magnifique, le moral des troupes était au plus bas: nous forcions beaucoup pour une maigre récompense, quelques mètres…

La sortie qui devait normalement durer 3 heures a finalement duré 5 heures. Nous étions épuisés, affamés, énervés, blessés… bref que du bonheur. Heureusement les massages de Francis nous ont requinqués et la soirée de la pleine lune organisée par le musée de Charlevoix nous a changé les idées: nous avons oublié l’instant d’une soirée le Saint Laurent qui nous attendait le lendemain.

 

Mercredi 19 juin : Que du bonheur !

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Le réveil sonne à 4 heures à l’auberge de jeunesse de Tadoussac. Difficile. Un café, un toast, une crêpe au sirop d’érable et nous embarquons à 6 heures. Il fait frais mais le temps est au beau fixe. Le paysage est magnifique, nous en prenons plein les yeux ! Toujours ces forêts sauvages à perte de vue… Nous changeons de bordée à la Baie des Rochers. L’entrée y est compliquée en raison des nombreux rochers qui sont sur notre chemin, mais quelle splendeur ! Des cascades, des cabanes de pêcheurs, nous sommes bien au Canada ! Avant notre arrivée à Saint Siméon, deux bélugas nous suivent et tournent autour de notre traînière. Il n’en faut pas plus pour nous motiver. Nous terminons l’étape dans la bonne humeur et nous sommes accueuillis chaleureusement par la municipalité de la ville à midi. Nous nous reposons l’après-midi et après un barbecue, la soirée se termine par un feu de camp sur la plage au son des guitares… Nous nous sommes régalés aujourd’hui, INDIANOAK que du bonheur !

 

TADOUSSAC

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Mardi 18 juin, jour de repos à Tadoussac. Après un copieux petit-déjeuner (des crêpes au sirop d’érable miam !) chacun organise sa journée à sa guise : séance de yoga pour les rameuses, ballade autour du fjord ou encore excursion en bateau pour aller voir les baleines. Nous reprenons tous des forces pour les jours de rame qui nous attendent. L’après-midi est réservé aux ateliers “tapas” et “gâteau basque” que nous avons fait découvrir au cours d’un “5 à 7” gourmand. La soirée s’est poursuivie dans la bonne humeur autour d’une jam session basco-québécoise. Mais personne n’a trop tardé, le réveil est prévu à 4 heures demain… L’aventure c’est l’aventure !

 

17/06/2013 Arrivée à Trois-Pistoles

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Lundi 17 juin, le réveil sonne à 4 heures à “La Source”. Aujourd’hui, première véritable étape pour Indianoak. Le petit-déjeuner avalé et les valises bouclées, nous sommes prêts à embarquer à 6 heures. Les habitants de Trois-Pistoles se sont levés aux aurores pour venir nous saluer. Encore merci à eux pour leur magnifique accueil, leur humour, les tchup au ketchup, les crottes au fromage… Vous restez dans nos coeurs ! Après un Agurra, les bordées 1 et 2 partent les premières pour une traversée de 30 kilomètres jusqu’aux Grandes Bergeronnes. Nous ramons dans la bonne humeur. Nous attendions ce moment depuis tant de temps ! De plus, Jean-Marie “Arrain” fête son anniversaire, nous lui avons chanté ” ZORIONAK ZURI ” une bonne dizaine de fois sur le bateau… Soudain, un souffle de baleine au loin ! Magnifique ! Nous en apercevons encore quelques unes encore jusqu’au changement de bordée. Après une petite pause aux Grandes Bergeronnes, la bordée 3 embarque avec la bordée 2 pour terminer l’étape. Nous longeons la côte : un paysage sauvage, des rochers abrupts, des sapins… quel bonheur de ramer en pleine nature ! Après un passage difficile à contre-courant pour entrer dans le chenal de Tadoussac, nous arrivons à 14 heures. Un porto au chocolat nous attendait, one shot ! Radical pour retrouver ses esprits. Nous sommes arrivés fatigués mais très heureux et fiers d’avoir terminé cette étape, et nous avons pu voir des baleines ! AUPA INDIANOAK !

 

TROIS-PISTOLES

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Le 15/06/2013: PABA et Indianoak

Toute l’équipe d’Indianoak se lève à 5h30. Itsaski nous prépare un petit déjeuner copieux, un petit point est fait puis chacun s’organise. Nous partons à l’inauguration du PABA (parc de l’aventure basque en Amérique) en bus scolaire. Toute la journée nous conversons,
chantons, dansons et jouons à la pala. La ville de Trois Pistoles nous
offre “les Trois pistoles” comme signe de bienvenue. La soirée fut animée par un ping-pong entre chanteurs basques, québecois et amérindiens. Certains finissent leur soirée à chanter autour d’un feu, d’autres à danser au son de l’alboka, puis la maison “La source” s’endort au son des ronflements des uns et des autres.

Le 16/06/2013: La journée de retrouvailles

C’est la journée des retrouvailles avec notre chère trainière. Elle se fait mitrailler de photos, purifier par les Indiens, se fait bercer au son de l’alboka et mise à l’eau par le nouvel équipage. Les anciens nous laissent naviguer jusqu’à l’île aux Basques. Le départ approche, tout le monde nous encourage et nous souhaite bon courage. Un sentiment d’angoisse et d’excitation nous envahit petit à petit. Chacun commence à se centrer sur lui-même, sur ce défi qui nous
attend. On est maintenant impatient de commençer notre périple, de donner les premiers coups de rame… On soupe avec nos amis québecois : lasagnes et homard au menu. L’ambiance est joyeuse; nous profitons des gens qui nous ont accueillis mais notre esprit est déjà au lendemain… AUPA INDIANOAK, ANIMO EKIPO !
quelques images ici

Allo, allo ! Infos du weekend

https://www.facebook.com/indianoak

 

Allo allo !! 14/06/2013

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Les Appalaches en toile de fond, des arbres à perte de vue, et au premier plan, immense, le Saint-Laurent. C’est époustouflant. Ca y est, nous y sommes enfin ! Après vingt longues heures de voyage nous sommes arrivés à Trois-Pistoles à 19 heures. L’émotion et la joie nous gagnent tous. Certains rameurs reviennent ici 10 ans après. Nous sommes accueillis par nos amis du PABA dans une magnifique maison de bois blanche. Nous faisons connaissance avec eux (et avec les moustiques !) en buvant quelques verres dans une excellente ambiance, les échanges fusent, les éclats de rire aussi. Le dîner typiquement québécois nous a bien requinqué. Au menu : une cipaille, un ragoût de pommes de terre et de viande. Nous avons vite pris nos marques, et nous terminons la soirée en chantant à tue-tête des chants basques et québécois. Samedi matin, réveil prévu à 8 heures mais nous sommes tous debout dès 5 heures… Merci le décalage horaire ! Mais après un bon petit-déjeuner nous sommes d’attaque pour une journée bien chargée au PABA. Au programme : inauguration de la nouvelle exposition, tournoi de pelote, méchoui… Indianoak 2013 c’est parti !!!