Jour 17 Langlade Saint Pierre : la fin du raid !

Tout le monde est un peu nerveux autour de la table du petit déjeuner ce matin, même si il n’est encore que 4h 1/2 du matin. Il s’agit tout d’abord de rejoindre Langlade où nous attend la trainière: les rameurs en bus, les autres sur le Simonaud ou les bateaux de sécu.

Sur l’eau, les bancs de brouillard très épais rendent la navigation côtière difficile et un peu angoissante; puis vient un superbe lever de soleil fantomatique…

Sur le bateau de Philippe, Paola est venue repérer les lieux pour savoir si elle va tenter ou non le passage sous l’arche du Cap Percé…

Nous retrouvons la trainière prête à partir pour sa dernière étape. les deux premières équipes s’élancent et font du rase cailloux le long des côtes de Miquelon.

Depuis les bateaux de sécurité nous notons une différence assez flagrante par rapport aux autres jours; le rythme est plus lent, nous ne sommes pas pressés, Paola est presque discrète dans son commandement, laissant chacun de ses rameurs profiter à fond des derniers instants de pur bonheur a bord de cette embarcation où il a tant partagé avec ses amis.

Le ferry s’arrête sur sa route vers Langlade pour nous saluer et permettre aux passagers d’encourager l’équipage pour ses derniers coups d’aviron

 

Nous faisons un petit tour sous l’arche du Cap Percé pour la photo; le courant est trop fort, ce n’est pas le moment de risquer un accident.

Nous entamons ensuite la courte traversée vers St Pierre entre bancs de brouillard et grand soleil, tout en faisant quelques détours pour essayer d’approcher les rorquals qui viennent nous saluer.

Au loin, une baleine à bosse souffle puissamment mais ne nous attendra pas, dommage …

Voici déjà l’îlot du Grand Colombier dont nous faisons le tour pour admirer ses falaises et les différentes espèces d’oiseaux qui le colonisent dans un grand  fracas de cris et piaillements. Sur le sommet, une silhouette nous accueille dans les eaux saintpierraise en agitant un bel Ikuriña.

Paola demande alors à son équipe de lancer un dernier assaut afin de porter encore plus loin leur record. Dans un magnifique effort, contre le vent et dans le clapot, les 9 noeuds sont largement dépassés! Chapeau!

La trainière s’immobilise ensuite à l’abri du Grand Colombier devant la petite statue de la vierge tout au nord de l’île et un par un les avirons se dressent vers le ciel en un magnifique Agurra.

Mano se lève, tire un bout de carton de sa combinaison et lit avec une voix marquée par l’émotion un texte rendant hommage à son père marin, qui avait toujours  rêvé de venir pêcher dans ces eaux de l’archipel, puis immerge son vieux béret amené pour cette occasion.

C’est ensuite le tour de Fermin, en hommage à ses quatre oncles et un cousin décédés le même jour sur le même bateau dans une « galerna » (orage) au Pays Basque.

   

Suivent, Iñaki en hommage à son parrain qui lui écrivait des cartes postales et lui ramenait toujours des souvenirs de Saint Pierre alors qu’il était enfant, et enfin Txarpas pour son père qui jusqu’à ses 101 ans ne pouvait passer un seul jour sans aller voir « La Mar ». Sans se concerter, les quatre rameurs avaient amené les bérets de leurs parents, pour les jeter dans ces eaux lointaines et leur rendre ainsi un dernier hommage. Grande émotion pour tous…

Il est temps de donner les derniers coups de rame. Les toits de St pierre se profilent à l’horizon et une bonne quinzaine de bateaux escortent la trainière dans un grand fracas d’écume et de klaxons. Trois magnifiques doris traditionnels des Zigotos sont là mais également les pêcheurs locaux sur leurs plates et même le bateau de la SNSM (sauvetage en mer) que commande aussi Philippe et qui nous honore de ses lances à eau.

Paola fait arrêter la trainière et dans un très beau geste invite Philippe à prendre la barre de l’embarcation. Il est vrai que c’est lui désormais qui aura l’honneur de patronner cette belle embarcation!

Beau passage de témoin entre Paola et Philippe

 

 

 

Elle regagne le zodiac où ont déjà pris place les 6 rameurs qui n’ont pas le privilège d’être sur le dernier bord mais qui accompagnent leurs collègues avec force, les deux embarcations navigant bord à bord.

Michel, nostalgique, certainement ému et fier de l’énorme travail accompli, accompagne ces derniers coups d’aviron à sa manière, à l’avant du doris de Tam avec son triki. Que joue t’il? Nul ne le saura …

Philippe, fièrement, tient son rôle et aborde les quais sous les airs enthousiastes de nos musiciens et les vivats de la foule venue en masse sur les pontons.

Le petit doris à rame tient aussi à accueillir sa grande soeur et future compagne de jeu.

Après un ultime Agurra, la trainière et son équipage reçoivent un brillant hommage de la foule ainsi qu’un émouvant Aurresku dansé sur la grève par Joana, Laura et Philippe.

 

 

 

 

 

L’émotion finit par céder le pas à l’explosion et tous les rameurs se retrouvent bientôt à l’eau.

Après les longues séries de photos, la trainière, portée à bras, traverse toute la ville derrière les drapeaux et la musique.

 Les 8 d’Hegoalde Nos vaillants musiciens

 

Une dernière photo souvenir avec Madame la Ministre Annick Girardin, mais aussi Monsieur le Préfet, Mosieur Briand, vice président du Conseil Teritorial, Monsieur le Maire de Placentia accompagné de notre chère Rhonda venus tout spécialement pour nous accueillir.

Place maintenant à la fête basque de Saint Pierre!

L’expédition a été magnifique et nous avons été excessivement gâtés par la météo, de mémoire d’homme jamais aussi clémente sur une période aussi longue à cette époque de .l’année.

L’organisation gérée de main de maître par David et ses équipes, autant à terre que sur l’eau n’a jamais été prise en défaut et ce n’était pas facile; un immense merci à eux tous.

Nous avons reçu un sincère et merveilleux accueil tout au long des étapes, qu’elles soient canadiennes ou françaises.

A vous, amis Saint Pierrais de poursuivre l’aventure et de continuer à faire naviguer cette très belle trainière, qui, de l’avis de tous les rameurs est un excellent bateau. Elle vous appartient désormais, faites la vivre!

Reste peut être à lui trouver un nom, à moins que ce ne soit TERNUA ou tout simplement : INDIANOAK

 

 

 

3 réflexions au sujet de « Jour 17 Langlade Saint Pierre : la fin du raid ! »

  1. Merci de nous avoir fait vivre cette belle aventure au quotidien avec ces commentaires et ces belles photos. Bravo aux rameurs aux organisateurs et à chacun des bénévoles.
    Bonjour aux saints pierrais et miquelonais.
    Anne

  2. Fantastique initiative et partage humain
    il faut des aventuriers pour faire que nos jours soient plus beaux
    Larressore était bien représentée et nous en sommes fiers, même de Santagio par le coeur.
    Merci à Michel. Que de chemin parcouru depuis le magasin de Renault.
    Merci à tous pour ce plein d’émotions et à très vite.
    vincent

  3. Evidemment un grand bravo à tous ces aventuriers basques! Un énorme merci à la personne qui a su, par ses mots, nous faire vivre ce périple. Milesker!!!

    Domi

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